Moscovici : “Avec Ségolène Royal, ce n’était pas possible” Libe Lyon, 17/10/2008
paris20 | 19 octobre 2008POLITIQUE -” Bataille des motions socialistes en vue du congrès de Reims. Après avoir soutenu la contribution de la Ligne Claire menée par le maire de Lyon Gérard Collomb, Pierre Moscovici a finalement rejoint la motion du maire de Paris Bertrand Delanoë lorsque les partisans de la Ligne Claire se sont rapprochés de Ségolène Royal. Le député du Doubs se rend ce vendredi soir dans l’agglomération lyonnaise - sur les terres de Gérard Collomb - défendre son choix auprès des militants. Il revient pour Libélyon sur les raisons de ce changement de cap. Interview…
La dernière fois que vous êtes venu à Lyon, c’était pour soutenir Gérard Collomb. Vous venez ce vendredi pour soutenir la motion de Bertrand Delanoë que vous avez finalement rejoint, n’est-ce pas un peu inconfortable comme position ?
Je ne soutenais pas Gérard Collomb, nous nous étions engagés ensemble vers une motion commune. J’ai regretté que nous puissions pas aller plus loin. J’aurais aimé conduire cette motion. Si cela s’était fait, je pense que nous serions en train de porter la motion en position d’emporter l’adhésion des militants. C’est une belle occasion manquée parce que cela aurait eu un sens. Aujourd’hui, je ne viens pas à Lyon dans une position d’hostilité. Je garde une grande amitié pour Gérard Collomb. C’est quelqu’un que je respecte dans sa pratique et dans ses choix. Et je continue à penser que nous portons des idées similaires.
Reste que lorsque vous êtes parti rejoindre Bertrand Delanoë, de très nombreux élus locaux vous se sont engouffrés dans la brèche à votre suite, mettant Gérard Collomb dans une situation difficile…
Je ne veux pas commenter sa propre position. Mais ce n’est pas un hasard si beaucoup d’élus se sont engouffrés dans cette brèche. Quand on cherche une cohérence européenne, on se sent à l’aise dans la motion de Bertrand Delanoë. Je continue de penser que la Ligne Claire était une bonne idée. Ce qu’on a fait ensemble, j’y resterai fidèle. J’en ai même une certaine nostalgie. Simplement, à partir du moment où il y eut rapprochement avec Ségolène Royal, ce n’était pas possible. Je n’ai aucune antipathie pour Ségolène Royal, et même plutôt une sympathie, mais j’ai avec elle une vraie différence de culture politique. Pour dire les choses clairement, je ne me serais pas senti très à l’aise à sa fête de la fraternité.
Pourquoi soutenez-vous la motion du maire de Paris ?
Il faut prendre le congrès au sérieux. On entend beaucoup qu’aucune motion ne se démarquera. Or, je crois qu’il est justement vital qu’une motion l’emporte très nettement. Sinon, le parti se retrouvera éclaté. Aujourd’hui, c’est la motion social-démocrate réformiste de Bertrand Delanoë qui peut ainsi s’imposer. J’ai fait le choix de la motion conduite par Bertrand Delanoë car elle me paraît la plus en phase avec ce que je crois sur plusieurs points essentiels : un engagement européen sans faille, le respect du vote des militants et la nécessité de remettre le parti au travail. Il ne faut pas personnaliser le parti socialiste. Il y a sans doute aussi des ambitions présidentielles chez Bertrand Delanoë. Mais, si le PS ne se remet pas au travail tout de suite, ce sera préjudiciable ensuite pour le présidentiable, quel qu’il soit.”
Propos recueillis par Alice Géraud
http://libelyon.blogs.liberation.fr/info/2008/10/politique-.html







