Tribune de Bertrand Delanoë parue dans la rubrique “Rebonds” de Libération, dans l’édition datée du 27 octobre
paris20 | 28 octobre 2008
Déjà , face à la crise, de nombreux pays ont su remettre profondément en cause leur doctrine économique : c’est notamment le cas de la Grande Bretagne quand elle procède à des nationalisations partielles, là où l’Etat français renonce à entrer au Conseil d’administration des banques qu’il soutient, se privant ainsi de peser sur l’affectation précise de plus de dix milliards d’euros. L’heure exige pourtant réactivité et capacité de contrôle de la puissance publique, comme le confirment les sombres prévisions de croissance du FMI pour l’année prochaine (+ 0,2% seulement en France, comme pour la zone euro). Or, le budget 2009 de l’Etat traduit jusqu’à la caricature une impasse économique et sociale qui a déjà considérablement affaibli notre pays, avant même que ne se manifestent les premiers signaux de la crise financière mondiale. Inadapté aux enjeux, il sacrifie des secteurs aussi décisifs que l’Emploi ou le Logement, capitule en matière d’Education, étrangle les collectivités territoriales et repousse au 1er avril la revalorisation des prestations famille et vieillesse, d’habitude effective le 1er janvier.
Plutôt que de petits rafistolages, c’est à une véritable recomposition de ce budget qu’il faut procéder. Le pouvoir a tort de s’y refuser. D’évidence, il faut mettre un terme à l’absurdité du Paquet fiscal, à l’injustice du bouclier fiscal, taxer les stocks-options et remettre à plat le dispositif des niches fiscales. Il faut aussi refuser le creusement aveugle des déficits publics, spécialité de ce gouvernement, qui discréditent la parole de la France auprès de nos partenaires européens et pèseront sur des générations de contribuables. Les vraies priorités : privilégier l’investissement stratégique dans l’Innovation et la Recherche, soutenir le logement social, défendre le pouvoir d’achat et promouvoir le dialogue social, à l’aube d’une période forcément tendue. Nous proposons par exemple que toute exonération de charge sociale soit désormais conditionnée par l’aboutissement de négociations sur les salaires et l’emploi.
Pour lire la suite, cliquez ici


