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Tribune de Bertrand Delanoë parue dans la rubrique “Rebonds” de Libération, dans l’édition datée du 27 octobre

paris20 | 28 octobre 2008

Déjà, face à la crise, de nombreux pays ont su remettre profondément en cause leur doctrine économique : c’est notamment le cas de la Grande Bretagne quand elle procède à des nationalisations partielles, là où l’Etat français renonce à entrer au Conseil d’administration des banques qu’il soutient, se privant ainsi de peser sur l’affectation précise de plus de dix milliards d’euros. L’heure exige pourtant réactivité et capacité de contrôle de la puissance publique, comme le confirment les sombres prévisions de croissance du FMI pour l’année prochaine (+ 0,2% seulement en France, comme pour la zone euro). Or, le budget 2009 de l’Etat traduit jusqu’à la caricature une impasse économique et sociale qui a déjà considérablement affaibli notre pays, avant même que ne se manifestent les premiers signaux de la crise financière mondiale. Inadapté aux enjeux, il sacrifie des secteurs aussi décisifs que l’Emploi ou le Logement, capitule en matière d’Education, étrangle les collectivités territoriales et repousse au 1er avril la revalorisation des prestations famille et vieillesse, d’habitude effective le 1er janvier.

Plutôt que de petits rafistolages, c’est à une véritable recomposition de ce budget qu’il faut procéder. Le pouvoir a tort de s’y refuser. D’évidence, il faut mettre un terme à l’absurdité du Paquet fiscal, à l’injustice du bouclier fiscal, taxer les stocks-options et remettre à plat le dispositif des niches fiscales. Il faut aussi refuser le creusement aveugle des déficits publics, spécialité de ce gouvernement, qui discréditent la parole de la France auprès de nos partenaires européens et pèseront sur des générations de contribuables. Les vraies priorités : privilégier l’investissement stratégique dans l’Innovation et la Recherche, soutenir le logement social, défendre le pouvoir d’achat et promouvoir le dialogue social, à l’aube d’une période forcément tendue. Nous proposons par exemple que toute exonération de charge sociale soit désormais conditionnée par l’aboutissement de négociations sur les salaires et l’emploi.

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“La 6 Novembre, votons pour la Motion Clarté, Courage, Créativité !” texte collectif des signataires de la Motion A dans le XXème

paris20 | 27 octobre 2008

Dans quelques jours les militants socialistes se prononceront sur les diverses motions proposées, choisiront une orientation politique pour les trois années à venir et une direction devant la mettre en œuvre. Ils feront ce choix en conscience car dans l’isoloir, le vote est libre !

La presse s’est étonnée que sur l’essentiel les principaux textes convergent. Nous l’estimons normal, fort heureusement. Il n’est donc ni utile ni sain d’entretenir entre nous de faux procès. Evidemment, nous respectons tous la déclaration de principes adoptée récemment par tous les socialistes. Selon les termes de celle-ci, « les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d’inégalités, facteur de crises, qui demeure d’actualité à l’âge d’une mondialisation dominée par le capitalisme financier ». Nous y avons aussi affirmé que nous sommes un parti réformiste, décentralisateur, européen, pour qui le développement durable est important.

Nous sommes tous fiers d’être socialistes, il ne peut s’agir du monopole de quelques uns.

Pour le reste, ne relayons pas l’idée que les socialistes seraient absents du Parlement ou des luttes. Au contraire les élus sont présents à l’Assemblée et au Sénat pour s’opposer aux mauvais coups de la droite. Ils montent quotidiennement des projets pour améliorer la vie quotidienne dans leurs conseils généraux ou régionaux, malgré les difficultés induites par les coupes budgétaires effectuées par le gouvernement dans les budgets sociaux ou d’équipement. Nombre de municipalités, au premier rang desquelles la Ville de Paris, conjuguent priorité au social, rigueur dans la gestion, innovation écologique et avancées culturelles.

Les socialistes, partout où ils sont, interviennent régulièrement pour la défense des sans papiers ou en soutien aux luttes sociales. Nous regrettons que les medias préfèrent convier ceux qui, par principe, tirent contre leur camp. Or, la fierté d’être socialiste devrait inciter à respecter les décisions délibérées et adoptées démocratiquement et collectivement par notre parti.

Même en période de compétition, nous devons respecter et préserver notre bien commun qu’est le Parti socialiste. Les militants qui ont assumé loyalement toutes les campagnes, notamment la présidentielle, quel qu’ait été leur choix initial, peinent à voir leur parti désigné comme principal responsable de l’échec.

Pourquoi accaparer au profit de telle ou telle ou telle motion les mots d’ordre adopté par tous, comme le non cumul de mandats, que Bertrand Delanoë a appliqué de manière exemplaire, dès 2001, en démissionnant du Sénat. Gardons-nous de cette surenchère sur la vertu qui irait jusqu’à exiger quasiment que le Premier secrétaire soit un inconnu, n’exerçant aucune responsabilité et donc sans la capacité à se faire entendre. Gardons-nous aussi de toute démagogie tendant à nier que les idées sont souvent incarnées par un leader. Les femmes et les hommes du Parti Socialiste doivent être des militants et non les supporters d’un fan club.

En revanche, une certaine vigilance s’impose quand des responsables socialistes qui ont défendu par le passé des orientations très différentes sur des sujets aussi importants que l’Europe, le travail, voire la place des militants présentent un texte d’orientation commun. A quel moment se sont-ils trompés et quel bilan ont-ils tiré de leurs choix ?

Enfin, que signifient des positionnements de camarades s’autoproclamant radicalement à gauche, portés par d’estimables responsables dont la pratique n’est ni plus ni moins révolutionnaire que celle des autres ? le contexte ne justifie pas les postures démagogiques mais au contraire, la crise actuelle valide ce que nous avons toujours portés, à savoir la nécessité de maîtriser la mondialisation, l’Europe comme notre espace commun de régulation et comme modèle social, la lutte acharnée contre les inégalités.

La motion A veut éviter les déclarations excessives et les anathèmes. La droite souhaiterait voir un Parti Socialiste affaibli, miné par ses divisions, inaudible.

Nous voulons un Congrès utile, débouchant sur :

- un choix d’orientation clair : celui d’une efficacité de gauche au service du progrès social, d’un socialisme du 21ème siècle, résolument européen et écologiste ;

- une stratégie clarifiée : pour nous c’est le rassemblement à gauche sans ambiguïté ;

- un parti remis au travail où l’on retrouve le goût de réfléchir, d’élaborer et d’agir ensemble ;

- une équipe de direction cohérente avec un Premier Secrétaire qui soit une voix forte et crédible pour l’opposition. Notre motion a annoncé loyalement et clairement qu’elle proposait Bertrand Delanoë pour ce poste.

Nous souhaitons nationalement, et dans notre section, un véritable renouvellement des équipes qui ne soit pas seulement fondé sur l’âge mais sur le changement dans le temps, de fonctions et de responsabilités. Nous souhaitons un accueil et une formation des militants leur permettant de mieux participer à nos débats en toute responsabilité.

Dès le 6 Novembre nos camarades doivent se prononcer pour dégager eux-mêmes une majorité claire, et une orientation cohérente.

Pour cela, tranchons nos divergences par les débats et dans le respect. Nous y gagnerons tous en lisibilité et en unité. Dans la clarté.

Pour la motion A dans le 20° :

George PAU-LANGEVIN, Danièle HOFFMAN-RISPAL, députées,

Jean-Michel ROSENFELD, mandataire,

Julien BARGETON, Hamou BOUAKKAZ, conseillers de Paris, Serge WAJEMAN, conseiller d’arrondissement,

Et Agnès AGOPOME, Jean - Fabien ARMOGATHE, Eric BOYRIE, Danielle BRAMI, Bertrand BRET, François BRETEL, Cyril CARTRON, Jean-Claude COGNET, Catherine COGNET, Alain CONSEIL, Bartolomeo CORREIA-DA COSTA, François CORINTHE, Janis - Paul COVI, Myriam COVI, Alcé DIALLO, Philippe DESGOUTTES, Julia GHEDIN, Jérôme GIRARD, Moïra GUILMART, Jacques GUYARD, Christine KOFFI-LOGRAPH, Edwige LANGEVIN, Joseph LE CORRE, Bruno LEMARCHAL, Patricia MAGNIEZ, André MOREAU, Georgia MOREAU, Michèle PARAEE, Stéphane OUAROUI, Roberto PAEZ GONZALEZ, Michèle PARADE, Stéphane PECAS, Max PIERRE-FANFAN, Sarah POMERANZ, Emmanuel QUENUM, Catherine RENSON, Firmine RICHARD, Hamidou SAMAKE, Thomas SAN MARCO, Djilali SEKHI, Georges SIDERIS, Denis TOURNIAIRE, Ghislaine TOUTAIN SORIN, Nicole WAJEMAN, Jean-Louis WATHY

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“Je veux être fière du parti socialiste” intervention d’E.Langevin à l’AG de section du 22.10.08

paris20 |

 

Cher(e) Camarade,

 

Pour ceux qui ne me connaîtraient pas encore, je suis une adhérente à 20 euros, rentrée en politique en mai 2006 déterminée à  contribuer à mon petit niveau à la victoire du parti socialiste aux élections de 2007, ce qui ne m’avait pas été possible en 2002, l’aventure s’étant arrêtée par un second tour confisqué par la rancœur des uns, les égos des autres et le découragements de beaucoup.

 

 Je tenai à préciser que les mandataires de la motion (J.Rosenfeld, J. Bargeton et G.Pau-Langevin) ont décidé de laisser les militants de la section s’exprimer.

 

Durant les deux années qui ont passé, j’ai donc participé à de nombreux comités de campagnes, présidentielles, législatives et municipales, j’ai secoué des drapeaux lors de meetings et distribué des tracts aux marchés.

 

Mais malgré cette mobilisation,  si le 20ème a résisté aux assauts de la droite, le président de la République est Nicolas Sarkozy et n’a pas répondu aux problèmes de pouvoir d’achat des Français. En face le parti reste inaudible,  son discours étant brouillé par le relais des médias, préférant souligner la cacophonie actuelle plutôt que les idées intéressantes.

 

Or, comme nous pouvons le constater ce soir, le parti regorge de talents et fourmille d’idées. Et aujourd’hui, avec le Congrès de Reims qui s’annonce, j’aimerai enfin pouvoir être fière de notre parti.

 

C’est pourquoi j’appelle à voter pour la motion soutenue par Bertrand Delanoë et son équipe lors du prochain congrès. Et ce pour 3 raisons : la méthode, les idées, et le respect des militants.

 

1) tout d’abord la  méthode : depuis 2002, le parti manque d’une personne capable d’imposer ses idées avec autorité.

► Avec la motion A, il s’agit de poser une méthode efficace, des objectifs clairs et un calendrier précis à une équipe de camarades en responsabilité et de militants,  diverse, cohérente et fidèle aux valeurs du parti. Et les premiers signataires que sont François Hollande, Pierre Moscovici, Jean Marc Ayrault, et George Pau-Langevin montrent que la diversité des points de vue n’empêchent pas de défendre collectivement des idées.

 

2)  ensuite les idées : car il s’agit de répondre aux problèmes des français et pas seulement se préoccuper de la place que l’on occupera par la suite.

-  Pouvoir d’achat : par exemple, conditionner les aides aux entreprises et notamment les exonérations de charges à l’engagement et à l’aboutissement de négociations salariales et limiter strictement les parachutes dorés.

- Logements : « une obligation de résultat » dans ce domaine en imposant la construction chaque année de 120000 logements et en multipliant par 5 les sanctions financières pour les municipalités qui s’obstinent à ignorer la loi (519 des 682 communes assujetties à la loi SRU préfèrent encore payer des pénalités).

-Education : avec Bertrand Delanoë, l’école, sacrifiée par le gouvernement, redeviendra une priorité, ainsi que le  développement de l’Université, de la recherche et de l’économie fondée  sur les connaissances de pointe, l’innovation technologique. Il y aura  une vraie prise en compte de la promotion sociale par l’école et des  enseignants.

- Emplois : création de nouveaux emplois dans les secteurs des services à la personne ou à la petite enfance. Mais surtout améliorer la compétitivité des entreprises en valorisant davantage l’innovation et la qualification des salariés.

- Ecologie : Favoriser une économie et une vie sociale sobre en énergie en mettant par exemple en place au niveau national et européen une véritable politique industrielle pour les produits et technologies propres, en donnant la priorité aux énergies renouvelables et en promouvant une mode de consommation responsable  basée sur la durabilité des produits et la capacité de recyclage avec notamment la promotion des filières d’écoproduits à bas prix pour conjuguer les préoccupations écologiques et sociales.

 

3)Enfin et surtout le respect des militants : trop souvent, le parti a montré le mauvais exemple en ne respectant pas ses propres décisions et en s’éloignant des lignes directrices votées collectivement.

►  La motion A, dès les premières lignes, précise que le temps est venu de mettre tous nos actes en cohérence avec nos principes et par exemple, « rendre les instances rigoureusement paritaires » , parité qui n’est que très peu appliquée malgré un article 15 déclarant « Le Parti socialiste est féministe. Il agit en faveur de l’émancipation des femmes. Il œuvre pour l’égalité entre les femmes et les hommes, la parité et la mixité de la société. Il garantit aux femmes l’accès aux droits fondamentaux qui assurent la maîtrise de leur corps. Il défend  l’égalité salariale et professionnelle entre les hommes et les femmes ».

 De même, la motion précise qu’ « il s’agit de respecter la parole des militants car un parti qui ne respecte pas ses militants ne peut inspirer le respect ».

 

 Pour toutes ces raisons, j’appelle à voter massivement dès le 6 novembre pour la motion « Clarté Courage et Créativité » et dégager une majorité d’hommes et de femmes, jeunes et mois jeunes capables de nous emmener vers la victoire en 2012.

 

Edwige Langevin

 

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Moscovici : “Avec Ségolène Royal, ce n’était pas possible” Libe Lyon, 17/10/2008

paris20 | 19 octobre 2008

POLITIQUE -” Bataille des motions socialistes en vue du congrès de Reims. Après avoir soutenu la contribution de la Ligne Claire menée par le maire de Lyon Gérard Collomb, Pierre Moscovici a finalement rejoint la motion du maire de Paris Bertrand Delanoë lorsque les partisans de la Ligne Claire se sont rapprochés de Ségolène Royal. Le député du Doubs se rend ce vendredi soir dans l’agglomération lyonnaise - sur les terres de Gérard Collomb - défendre son choix auprès des militants. Il revient pour Libélyon sur les raisons de ce changement de cap. Interview…

La dernière fois que vous êtes venu à Lyon, c’était pour soutenir Gérard Collomb. Vous venez ce vendredi pour soutenir la motion de Bertrand Delanoë que vous avez finalement rejoint, n’est-ce pas un peu inconfortable comme position ?

Je ne soutenais pas Gérard Collomb, nous nous étions engagés ensemble vers une motion commune. J’ai regretté que nous puissions pas aller plus loin. J’aurais aimé conduire cette motion. Si cela s’était fait, je pense que nous serions en train de porter la motion en position d’emporter l’adhésion des militants. C’est une belle occasion manquée parce que cela aurait eu un sens. Aujourd’hui, je ne viens pas à Lyon dans une position d’hostilité. Je garde une grande amitié pour Gérard Collomb. C’est quelqu’un que je respecte dans sa pratique et dans ses choix. Et je continue à penser que nous portons des idées similaires.

Reste que lorsque vous êtes parti rejoindre Bertrand Delanoë, de très nombreux élus locaux vous se sont engouffrés dans la brèche à votre suite, mettant Gérard Collomb dans une situation difficile…

Je ne veux pas commenter sa propre position. Mais ce n’est pas un hasard si beaucoup d’élus se sont engouffrés dans cette brèche. Quand on cherche une cohérence européenne, on se sent à l’aise dans la motion de Bertrand Delanoë. Je continue de penser que la Ligne Claire était une bonne idée. Ce qu’on a fait ensemble, j’y resterai fidèle. J’en ai même une certaine nostalgie. Simplement, à partir du moment où il y eut rapprochement avec Ségolène Royal, ce n’était pas possible. Je n’ai aucune antipathie pour Ségolène Royal, et même plutôt une sympathie, mais j’ai avec elle une vraie différence de culture politique. Pour dire les choses clairement, je ne me serais pas senti très à l’aise à sa fête de la fraternité.

Pourquoi soutenez-vous la motion du maire de Paris ?

Il faut prendre le congrès au sérieux. On entend beaucoup qu’aucune motion ne se démarquera. Or, je crois qu’il est justement vital qu’une motion l’emporte très nettement. Sinon, le parti se retrouvera éclaté. Aujourd’hui, c’est la motion social-démocrate réformiste de Bertrand Delanoë qui peut ainsi s’imposer. J’ai fait le choix de la motion conduite par Bertrand Delanoë car elle me paraît la plus en phase avec ce que je crois sur plusieurs points essentiels : un engagement européen sans faille, le respect du vote des militants et la nécessité de remettre le parti au travail. Il ne faut pas personnaliser le parti socialiste. Il y a sans doute aussi des ambitions présidentielles chez Bertrand Delanoë. Mais, si le PS ne se remet pas au travail tout de suite, ce sera préjudiciable ensuite pour le présidentiable, quel qu’il soit.”

Propos recueillis par Alice Géraud

http://libelyon.blogs.liberation.fr/info/2008/10/politique-.html

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Interview de Bertrand Delanoë dans le journal Le Parisien du 15 octobre

paris20 | 17 octobre 2008

Candidat à la succession de François Hollande à la tête du PS, Bertrand Delanoë répond aux critiques de ses concurrents et se pose en rassembleur. Le maire de Paris, qui est toujours la personnalité préférée des Français selon le sondage Ifop-« Paris Match », se montre par ailleurs plutôt sévère envers Nicolas Sarkozy sur la gestion de la crise financière.

Quelles sont les réponses de gauche à la crise financière ?
Bertrand Delanoë, maire PS de Paris. Celles des sociaux-démocrates, depuis l’origine : l’économie de marché a besoin de régulation et de transparence. Dans l’un de mes livres, publié en 2004 (NDLR : « la Vie, passionnément », Robert Laffont), je citais le Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, stigmatisant les dérives d’un capitalisme sans règles et les dysfonctionnements des institutions mondiales. Avec une social-démocratie plus forte, l’Europe aurait disposé d’instruments plus efficaces, qui ne peuvent être ni le protectionnisme ni le laisser-faire.

L’Etat français doit-il rester dans le capital des banques qu’il aura renflouées ?
Quand l’Etat intervient, il le fait au nom des Français. Sa priorité absolue doit être de garantir la reconstruction du système financier en prenant le temps nécessaire à la mise en place de nouvelles règles. N’oublions jamais que les responsables de cette crise sont des spéculateurs dont le monde paye aujourd’hui le comportement indécent. Si, une fois ce système profondément réformé, l’Etat revend certaines de ses participations, il faudra donc que le contribuable y trouve son compte, notamment en affectant toute plus-value à la réduction de la dette publique. Je suggère de viser l’efficacité, en conservant parfois ces participations, sans être systématique. Dans un autre domaine, le gouvernement prétend-il toujours livrer le capital de la Poste à la Bourse ou entendra-t-il notre proposition de préserver ce service public en s’appuyant sur une institution d’Etat, la Caisse des dépôts, pour financer son développement ?

Estimez-vous comme Dominique Strauss-Kahn que le pic de la crise est passé ?
Je l’espère. Plusieurs responsables du gouvernement français ont nié l’existence de cette crise pourtant annoncée depuis plus d’un an. Voyez le résultat. Une seule certitude : celle-ci aura des conséquences sur l’économie réelle et sur les conditions de vie des Français. Il faut donc élaborer maintenant des réponses opérationnelles à l’impact économique et social de la crise.

« Sarkozy voulait importer des crédits hypothécaires à l’anglo-saxonne »
Face à des droites européennes pragmatiques, la gauche peine à se distinguer…
itiales. Sarkozy voulait importer en France des crédits hypothécaires à l’anglo-saxonne et l’UMP vantait la retraite par capitalisation qui ruine aujourd’hui les retraités américains : qui s’en souvient ? Qui, à droite, reconnaît de telles erreurs ? Dans ces conditions, le budget 2009 sera un moment de vérité.

Quelles modifications réclamez-vous ?
Ce budget, présenté au lendemain du discours de Toulon, est déjà obsolète. Il doit être reconstruit autour des principes suivants : 1. Annulation du paquet fiscal ; 2. Taxation des stock-options ; 3. Remise à plat du dispositif des niches fiscales. 4. Ses priorités doivent être la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat : cela passe par l’investissement dans l’innovation et la recherche, ainsi que l’ouverture de négociations salariales dans les entreprises, qui conditionneront les exonérations de charges sociales. Le gouvernement doit donc revoir sa copie, au lieu d’amputer les crédits de secteurs aussi stratégiques que le logement, l’emploi ou les moyens des collectivités locales.

Nicolas Sarkozy a-t-il pour l’instant bien géré la crise ?
Sa réaction a été tardive, ce qui est regrettable dans une telle situation. L’histoire retiendra d’ailleurs que c’est le travailliste Gordon Brown qui a inspiré une réponse européenne concertée. Je regrette aussi que le chef de l’Etat ait à ce point négligé la concertation avec les forces démocratiques du pays, tout en appelant à « l’unité nationale ». Consulter les représentants des partis politiques et des organisations syndicales serait la moindre des choses.

Quelles seront, concrètement, les conséquences de la crise pour la Ville de Paris ?
Pour 2009, nous avons anticipé sur les effets de la crise en prévoyant une baisse des droits de mutation de 250 millions d’euros, par rapport à 2007. Pour autant, aucun engagement n’est remis en cause, qu’il s’agisse de la solidarité, des 40 000 logements sociaux, du tramway, des projets d’urbanisme, comme les Halles et les ZAC, ou encore de nos projets pour l’innovation. Autre exemple : avec le Crédit municipal, nous avons lancé, comme prévu depuis des mois, un « microcrédit » pour les plus modestes. Enfin, notre effort d’investissement demeure très élevé, 8,3milliards sur six ans, soit une hausse de 18%par rapport à la précédente mandature. Quant aux projets privés, il n’y a eu, pour le moment, aucune remise en question annoncée.

« Il est facile de tenir un discours à gauche toute »
Ne regrettez-vous pas de vous êtes déclaré « socialiste et libéral » ?
Il faut toujours être exigeant avec soimême quand on évalue l’interprétation de ses propos. Mais sincèrement, dans le livre dont il est question (NDLR: «De l’audace ! », Robert Laffont) la critique du libéralisme économique est sévère et argumentée. Quant au libéralisme politique, c’est-à-dire le combat pour les libertés et l’émancipation de l’individu, c’est un patrimoine que tous les socialistes devraient se réapproprier. Que certains déforment cette analyse pour des raisons électoralistes me désole plus pour eux que pour moi.

Pour vos concurrents, vous incarnez le libéralisme et une « soi-disant modernité »…
Le temps d’un congrès, il est facile de tenir un discours à « gauche toute ». Mais dans les faits, ce sont les authentiques réformistes qui sont le plus à gauche. J’assume toutes les comparaisons de fond avec mes amis socialistes, à travers la gestion de la plus grande collectivité locale française.Qu’il s’agisse de la remunicipalisation de la distribution de l’eau, de l’effort pour le logement social ou encore des alliances. Car je maintiens qu’on ne fait pas une politique de gauche, avec un parti qui n’est pas à gauche. Dans certaines villes, et cela ne concerne aucun signataire de notre motion, des candidats socialistes aux cantonales ont dû se retirer au bénéfice de candidats MoDem : ce n’est pas l’orientation que je propose.

Bluffez-vous en affirmant que votre motion atteindra les 50 % ?
Je n’ai jamais fait de pronostic. Je dis simplement que l’objectif d’un candidat qui présente une orientation politique, un programmede travail et une équipe, est toujours d’atteindre les 50 %. Je ne prétends pas que nous allons le faire. D’ailleurs, le bluff n’est pas ma spécialité. Je souhaite en tout cas au PS qu’une des motions soit assez forte pour structurer le rassemblement des socialistes et éviter le désordre et l’immobilisme. Et je pense que notre motion peut être ce pôle central.

Si votre motion n’arrive pas nettement en tête, maintiendrez-vous votre candidature ?
Ma candidature n’a jamais été une question de personne, toujours une question politique. Je suis candidat au poste de premier secrétaire, quelles qu’en soient les contraintes, pour assumer le rôle d’un animateur concentré sur l’efficacité, le rassemblement, et le renouvellement du PS, au service des Français. Le vote des militants, le 6 novembre prochain, déterminera la suite. Je suis plutôt confiant.

Propos recueillis par Rosalie Lucas et Philippe Martinat

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“Tirer toutes les conséquences de la crise”

paris20 | 16 octobre 2008

Article commun d’Alain Bergounioux, Harlem Désir, Élisabeth Guigou, Pierre Moscovici,  Michel Sapin

La crise du capitalisme financier crée des responsabilités majeures  pour les socialistes dans le présent et dans l’avenir.Nous disons clairement dès l’introduction de notre motion : « le capitalisme, à l’échelle mondiale découvre à ses dépens ses propres  tares. Notre modèle de développement est à repenser en profondeur ».  La situation actuelle vérifie ce diagnostic.

Mais il faut aller au-delà des mesures d’urgence prises par les gouvernements européens, car la crise révèle les déséquilibres globaux d’un système dominé par la financiarisation et la recherche du profit immédiat au détriment de l’économie et de la société. Nous devons  revenir sur les dérégulations qui ont permis au capitalisme financier de dicter sa loi. Le socialisme que nous défendons est particulièrement apte à proposer un autre modèle économique, qui impose aux marchés un encadrement, des régulations, de la redistribution et des normes sociales et écologiques.

Dans notre motion nous traitons de toutes les dimensions de la crise.Le plan européen est techniquement adapté pour l’urgence : la garantie  des prêts interbancaires, la recapitalisation des banques, y compris  sous forme de nationalisation, la définition des normes européennes  différentes des normes américaines… Mais il y a des manques très  importants. Notre motion dresse un tableau complet d’objectifs qui  doivent être au cœur d’une gauche, politique et syndicale, efficace : « réforme des agences de notation … régime de responsabilité pour les  acteurs du système financier, modifications des normes comptables des  entreprises, contrôle et réglementation accrues des fonds spéculatifs,  lutte contre les paradis fiscaux ». La crise met en lumière la  nécessité de ces réformes structurelles.

Mais, c’est aussi sur l’économie réelle qu’il faut agir. La droite a  déjà considérablement affaibli notre pays avant même les  manifestations de la crise mondiale. La vraie priorité est d’investir  dans l’innovation, l’éducation et la recherche, de favoriser de grands  projets industriels et d’infrastructure en France et en Europe. C’est  la clé pour la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat. Notre  motion contient des propositions précises : pour les énergies  nouvelles, les voitures propres, les biotechnologies, pour soutenir le  logement social, pour rééquilibrer la négociation sociale en faveur  des salariés. Nous proposons d’annuler le paquet fiscal et la plupart  des niches fiscales pour redonner des marges à l’action publique.

Entre les improvisations largement hypocrites des droites européennes,  et un repli sur des visions et des mesures anciennes qui amèneraient  une fragmentation de l’Europe et un affaiblissement des pays membres,  nous avons la conviction qu’il y a place pour un modèle socialiste  partagé largement, une puissance publique efficace, un Etat social  prévoyant, une Union européenne protectrice et influente.


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Intervention de François Hollande sur la crise financière, le 8 octobre à l’Assemblée nationale

paris20 | 13 octobre 2008

“Monsieur le Premier Ministre,

La gravité de la crise appelle, en effet, une responsabilité : celle de votre gouvernement par les choix qu’il fait, celle de l’opposition par ses propositions. Et c’est le sens du débat que nous avons aujourd’hui, si nous voulons le conduire dignement.

Commençons par un constat implacable : la crise qui frappe n’est pas un accident violent, c’est l’effondrement d’un système lui-même. Ce système, il s’appelle « économie d’endettement sans contrôle », « dérégulation sans limites », « déréglementation sans objectif autre que celui de l’augmentation du profit et de la spéculation ». Pour tout dire, ce qui s’effondre aujourd’hui, c’est une partie de ce que vous appeliez « la bataille idéologique », c’est-à-dire, le libéralisme économique.

Le second constat que nous pouvons faire les uns et les autres, c’est que cette crise n’est pas simplement américaine, ce serait trop simple. Si elle n’était née qu’aux Etats-Unis, si elle n’avait eu d’innovation qu’aux Etats-Unis, si la dérégulation n’avait été qu’aux Etats-Unis, nous n’aurions pas aujourd’hui une crise mondiale ; or, la crise est mondiale, parce que le système s’est mondialisé.

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“Pourquoi j’appelle à voter pour la motion A”, par Hamidou SAMAKE

paris20 | 7 octobre 2008

Nous sommes dans le temps du congrès du PS. C’est un moment sérieux. C’est une épreuve, démocratique, délibérative, de sélection et d’orientation politique. C’est aussi surtout une affaire de famille. Nous sommes entre socialistes au début du processus et nous resterons entre socialistes à sa fin, à la condition que nous restions dans le cadre des règles que nous nous sommes fixés. Je suis fier de participer à ce processus et à ce moment.

En tant que socialiste, je suis avant tout internationaliste. Ce qui implique plusieurs traductions dans la réalité politique présente.

En premier lieu, je ne suis pas insensible à ce qui se passe dans le monde y compris loin de nos frontières, comme les émeutes de la faim, les catastrophes naturelles et la guerre. Je suis pour la paix et la sécurité des peuples et des nations partout dans le monde entier.

En deuxième lieu, en tant que socialiste et citoyen, je suis inquiet par rapport à la crise financière actuelle qui ébranle avec violence le système financier mondial, avec des milliards qui partent en fumées en des temps record. Là, devant nous, nous voyons le capitalisme financier, dans toute sa folie qui, si rien n’est fait, peut annoncer demain la barbarie et avoir des conséquences désastreuses un peu partout dans le monde. Il faut des mesures de régulations, urgentes, massives et efficaces. On a besoin des socialistes pour que ces régulations soient favorables au plus grand nombre, pour qu’elles soient dans le sens du progrès et non de la régression et de la loi du plus fort.

Enfin, être internationaliste pour moi, c’est aussi avoir l’ambition de penser que les valeurs que nous portons sont universelles: la liberté, l’égalité, la fraternité, la justice, la solidarité. C’est se dire que partout dans le monde, ces valeurs pour les quelles nous battons en France méritent qu’elles soient défendues avec la plus grande combativité et nous devons y apporter notre pierre.

Le congrès du PS est attendu par les socialistes et ils y travaillent beaucoup même si la presse et les médias disent le contraire et nous couvrent de sarcasmes. Il est attendu par les français, par la gauche, par le camp du progrès. En face de cette forte attente, il faut que le congrès de Reims soit utile. Nous avons des devoirs et des obligations. Il faut qu’à travers le congrès, le Parti Socialiste montre qu’il va jouer pleinement son rôle: d’opposition résolue aujourd’hui à la politique de casse et de régression de Sarkozy-Fillon, de préparation à l’alternance politique demain car notre projet stratégique reste toujours le même, à savoir la prise de la direction nationale du pays en 2012.

Il faut que nous, socialistes, sortions renforcés sur notre crédibilité à nous opposer résolument à la droite néo-bonapartiste et notre capacité à être l’alternance politique qui va mettre en oeuvre la politique de progrès que les français attendent. Nous n’avons pas réponse à tout mais nous avons nos réponses par rapport aux problèmes majeurs que se posent les français sur: le pouvoir d’achat, le logement, l’éducation, la santé, l’université, l’écologie, le développement, l’immigration, la sécurité.

Il faut le dire tout de suite et avec clarté: le congrès de 2008 ne sert pas à désigner la personne qui va représenter le parti pour la prochaine élection présidentielle de 2012. Ce n’est pas un congrès de désignation pour la présidentielle. Le congrès de Reims sert à fixer l’orientation politique et à désigner la direction qui va la mettre en application et rendre les socialistes mobilisés et crédibles pour les échéances qui s’annoncent dans les mois qui viennent: les régionales, les européennes et les cantonales.

Le congrès, c’est aussi l’occasion donnée aux socialistes de se rassembler sur une vision commune, un projet collectif et une ambition partagée. Cette démarche de rassemblement a été initiée un peu partout et a abouti au stade actuel aux motions.

En ce qui me concerne, animateur local de la sensibilité qui s’est mobilisée autour du Premier Secrétaire, je me retrouve totalement dans la motion A conduite par Bertrand Délanoé, avec François Hollande et Pierre Moscovici. Il s’agit pour moi de donner cohérence et fidélité dans mes engagements en tant que militant socialiste. Je reste convaincu qu’avec Délanoé, Hollande et Moscovici, la motion A s’articule et se mobilise autour d’une colonne vertébrale qui est crédible, solide et expérimentée.

La motion A, par le rassemblement qu’elle a initié et la dynamique qu’elle va entraîner, est une étape pour la constitution d’une majorité forte pour un premier secrétariat fort qui sache porter avec combativité et pugnacité la parole des socialistes.

Sur la question de qui va diriger le parti, comme sur bien d’autres mais aussi surtout celle-ci, il faut la clarté et la vérité. Pour nous, c’est clair et net si la motion A arrive en tête, ce que je souhaite, on sait qui va diriger le parti. Ce n’est pas le cas pour toutes les motions.

Je souhaite que les militants, au terme du processus commencé, fassent le choix le plus clair possible car le PS a besoin d’une direction solide, légitimée par le vote du 6 novembre.

Hamidou SAMAKE,

Membre de la CA, Animateur d’Equité..

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Bertrand Delanoë invité du Grand Jury RTL

paris20 | 6 octobre 2008

Pour écouter l’émission du 5 octobre, cliquez ici.

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Communiqué de Patrick BLOCHE, premier Secrétaire fédéral de Paris

paris20 |

Le 1er octobre 2008, à 20h55

Bertrand Delanoë souhaite qu’il y ait co-mandataires dans le 20ème arrondissement de Paris, par ordre alphabétique :

- Julien BARGETON,

- George PAU-LANGEVIN,

- Jean-Michel ROSENFELD.

Au travail, sans tarder.

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